Partager l'article ! Discours des voeux 2011 de Marc Everbecq maire de Bagnolet: Monsieur le Sous-Préfet, Monsieur Sébastien Limé, Monsi ...
Le Blog de Marc Everbecq
Ensemble pour le renouveau de Bagnolet
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Monsieur le Sous-Préfet, Monsieur Sébastien Limé,
Monsieur le Consul d’Algérie, Monsieur Chérif Oualid,
Madame la Conseillère générale de Bagnolet, Vice-Présidente du Conseil Général de la Seine-Saint-Denis, Josiane Bernard,
Monsieur le Président de la Communauté d’agglomération Est-Ensemble, Bertrand Kern,
Chère Jacqueline Chonavel et Cher Daniel Mongeau, nos maires,
Cher André Aragnouet, Jocelyne Riou et Joseph Di Martino, nos maires-adjoints honoraires
Mesdames et Messieurs les membres du conseil municipal,
Madame la commissaire de police, Emmanuelle Oster que je salue ainsi que ses équipes qui se sont illustrés ses derniers jours en sauvant toute une famille d’un incendie,
Mesdames et Messieurs les présidents des associations et tous les bénévoles,
Mesdames et Messieurs,
Mes chers concitoyens,
C’est avec un réel plaisir de rencontre, de partage et d’amitié, qu’avec la municipalité, j’ai l’honneur de vous accueillir ce soir, pour la traditionnelle cérémonie des vœux.
Permettez-moi tout d’abord, de présenter à chacune et à chacun d’entre vous, nos meilleurs vœux de santé, de bonheur, d’épanouissement personnel, familial et professionnel.
Cette soirée constitue un de ces précieux moments, où peuvent se rencontrer et échanger, l’ensemble des habitants, aux côtés des acteurs institutionnels, économiques, sociaux, éducatifs, culturels, sportifs, cultuels et associatifs. Je vous remercie donc tous de votre présence chaleureuse.
Il y a quelques jours, le journal Le Parisien ouvrait l’année en titrant : « Français, où est passé votre optimisme ? »
Le papier qui suit montre que les Français sont les plus pessimistes du monde – un résultat incroyable – alors que cette enquête a été menée dans 53 pays dont l’Afghanistan, l’Irak, le Nigéria, le Vietnam, la Bosnie. La crise économique mondiale pèse sans aucun doute sur les esprits et provoque des inquiétudes quant à la situation personnelle et collective. Pourquoi les Français sont-ils plus pessimistes que les habitants de Kaboul ou de Bagdad ? Il est évident, pourtant, que cela ne va pas plus mal ici que là-bas. Alors on s’interroge. Et on se dit que certainement notre pays traverse une crise morale, politique, sociale sans précédent. Les Français sont pessimistes comme jamais car les responsables politiques et intellectuels n’ont rien à leur proposer comme ambition et se contentent d’organiser le maintien en place d’un système et du pouvoir qui l’accompagne à coup de manipulations populistes des esprits. Les Français, dans leur histoire, ont été habitués à plus d’épopées et d’humanisme universaliste qu’à ces discours actuels et étriqués sur la peur de l’autre. Alors oui, les Français sont inquiets de ce qu’ils ressentent comme un déclin moral et matériel historique de leur pays et de leur propre situation. Et nous avec eux parce que la peur est souvent mauvaise conseillère.
C’est dans ce contexte que je veux apporter un mot nouveau. Un mot simple. Le mot : espoir.
Pourquoi ? Parce qu’il me semble répondre à la question du Parisien et au pessimisme des Français.
Je vois tout d’abord une première raison : le rôle des responsables politiques est de faire vivre l’espoir. C’est même la fonction principale d’un élu local que de construire.
Notre rôle est d’être anti-déclin.
Contre le déclin de droite et contre le déclin de gauche. Le déclin de droite est évidemment celui que nous connaissons bien. Celui que l’on subit en ce moment même. Celui qui prétend que rien ne peut être fait contre les puissances de l’argent et de la finance qui gouvernent le monde. On ne peut rien face aux licenciements, face à la désindustrialisation, face aux marchés financiers, face à la mondialisation. On peut tout au plus réguler et encadrer les excès. Et surtout se barricader dans une Europe et monde développé en regardant le reste du monde comme une menace permanente et existentielle. Le déclin de droite c’est la soumission permanente du peuple.
Je suis aussi contre le déclin de gauche qui est double. Contre le déclin porté par une gauche qui n’a qu’une seule obsession : montrer aux puissances de l’argent qu’elle est aussi bonne voire meilleure gestionnaire des intérêts dominants. Cette gauche qui prétend qu’on ne peut rien face à l’économique. Mais il y a aussi un autre déclin de gauche, tout aussi impuissant à changer le monde et la société. Le déclin de ceux à gauche qui considèrent que face aux intérêts dominants il n’y a rien d’autre à faire que de contester. Au risque de ne jamais rien construire.
Et bien, ici à Bagnolet, nous avons une autre idée.
Nous ne vivons pas en dehors du monde. Et s’acharner à faire vivre l’espoir ne signifie pas se bercer d’illusions et vivre en dehors de réalités.
Le Président de la République peut claironner le soir de la Saint Sylvestre que tout va pour le mieux et que la France s’en sort mieux que les autres, la réalité vécue par les gens est loin de donner un quelconque crédit à de telles affirmations. Chômage, hausse des prix et baisse du pouvoir d’achat, démantèlement des services publics dans tous les domaines : école, santé, transports, électricité, logement social, asphyxie financière des collectivités locales. La liste est longue. Elle donne le tournis. Et il faut y rajouter l’attaque contre les retraites et le financement de la dépendance.
A Bagnolet, en 2010, nous avons œuvré dans ce contexte épouvantable. Cependant nous avons agi avec l’équipe municipale pour que l’espoir soit une réalité concrète et tangible dans notre ville.
Nous avons fait le choix difficile et audacieux, d’une ligne de conduite offensive.
Plutôt que de subir les attaques gouvernementales réduisant nos moyens, plutôt que de se contenter d’en critiquer les conséquences avec les difficultés à mettre en œuvre notre programme municipal, nous avons décidé de contre attaquer.
Ici nous sommes au pays des jeunes, au pays d’une population où le nom des gens vient du monde entier comme un film de ce nom tourné à Bagnolet relate avec sensibilité et justesse, au pays d’une population qui concentre nombre d’urgences sociales et humaines, au pays aussi des créateurs et des artistes, des familles parisiennes qui ne peuvent plus se loger dans la capitale. Nous sommes au pays du peuple parisien, francilien, qui travaille, crée et espère. Je dis bienvenue à toutes et tous parce que ici nous allons travailler ensemble. Alors nous allons, par exemple, être à la hauteur des mille et un projets de tous ces jeunes qui sont notre richesse et n’en peuvent plus de devoir rabattre sans cesse leurs exigences et se contenter de la stigmatisation de la banlieue, de leurs origines culturelles.
Alors ici on ne va pas renvoyer les choses à plus tard en attendant que la crise passe. On ne va pas se contenter de faire de l’agitation politicienne pour faire porter le chapeau aux autres. Nous allons relever le défi. Comment ? Nous n’avons pas de baguette magique mais nous savons une chose. Notre force, après trente ans de crise économique, sociale, idéologique, politique, ne réside pas dans la répétition et la réactivation des recettes antérieures. Je dois dire qu’une certaine façon de faire de la politique comme nous y étions habitués est derrière nous. Nous refondons notre action en partant du territoire, en affirmant que les atouts de notre ville ne sont plus dans une interprétation idéologique du monde et de la société, mais dans les projets collectifs et individuels que portent les habitants et que nous aidons à faire vivre avec eux. C’est dans notre rencontre et notre rassemblement que nous gagnons de la force. Dans une période de crise, il faut toujours savoir se parler, se mettre ensemble, se chercher, se comprendre, trouver des forces en nous mêmes et ne pas tout attendre de l’extérieur.
Alors nous allons bien sûr organiser la résistance – je le dis : que l’Etat, le gouvernement et les grandes fortunes ne comptent pas sur notre silence. Nous allons nous battre pour faire reculer leur politique. Mais nous allons aussi organiser le choix. Notre combat politique ne sera pas que de résistance, mais pour garder notre indépendance d’action et pour porter notre projet.
Cela m’amène à vous donner quelques exemples.
Est Ensemble. Nous avons tout d’abord été avec d’autres villes à l’initiative de la création d’Est Ensemble, notre communauté d’agglomération qui nous permet d’être plus forts en construisant ensemble l’avenir de nos territoires plutôt que de s’affaiblir en se faisant une concurrence effrénée. La voix de Bagnolet et celle des autres villes est mieux entendue et prise en compte aujourd’hui par exemple dans les réflexions sur les aménagements du Grand Paris. Je me réjouis ainsi que notre agglomération ait validé notre projet de métro-câble le long de l’autoroute A3. Le syndicat intercommunal Paris-Métropôle l’a également validé. Nous allons maintenant mobiliser tous les partenaires pour qu’il se concrétise.
Sur Est-Ensemble, j’aurais aimé que la gestion de l’eau soit reprise dès maintenant en gestion publique. Nous n’y sommes pas encore arrivés. Mais je sais que notre agglomération aura à cœur dans les deux ans qui viennent de parvenir à ce résultat.
La transformation de l’administration communale. Nous avons également créer les conditions de la résistance et du développement du service public communal. Pour y parvenir cela a été difficile. Il a fallu développer en quelque sorte un contrat avec les agents communaux car l’administration communale devait se transformer pour être mieux au service de la population. Il a fallu faire tout cela dans un contexte de rétrécissement des moyens financiers des collectivités publiques qui ont eu pour conséquences de fortes économies budgétaires.
Comme souvent, quand il faut bouger les choses, des inquiétudes apparaissent et des efforts importants doivent être consentis. C’est légitime. N’oublions pas que dans cette société, le gouvernement de droite n’hésite pas à présenter comme des réformes, toutes ses actions de démolition des bases sociales de notre société.
A Bagnolet nous faisons le contraire. Nous réformons pour le mieux être de la population et des salariés de la ville, nous réformons pour un service public plus fort et mieux adapté.
Les jeunes. Nous avons changé profondément notre action en direction des jeunes. Depuis un an nous avons déployé des moyens importants pour faire vivre une démarche nouvelle : le contrat réussite jeune. Les jeunes, nombreux à Bagnolet, sont parmi les catégories les plus touchées par la crise et les politiques gouvernementales. Nous avons lancé des actions de soutien, de conseil et d’aides concrètes en liaison avec les entreprises de la ville, pour aider ces jeunes à réaliser leur projet.
Nous avions un service dédié à ces actions nous en avons fait la préoccupation de l’ensemble de l’administration communale en créant une transversalité et des référents dans les services. En un an ce sont 2027 jeunes qui ont été contactés individuellement et personnellement pour s’inscrire dans ce processus. 553 sont venus aux rencontres organisées à leur intention. 254 se sont inscrits pour présenter leur projet de vie. Déjà 112 projets ont été validés par le comité de parrainage constitué d’adultes représentant les élus, les services municipaux, les chefs d’entreprise, les différents pouvoirs publics impliqués dans la formation et l’orientation des jeunes. 59 contrats ont même été votés en conseil municipal. Nous organiserons chaque année deux moments forts de rencontre avec les jeunes en avril et en octobre. Cette démarche pérenne constitue dorénavant l’un des piliers de notre action municipale
L’urbanisme. Le scénario urbain que nous avons construit, nous les élus, avec les experts et les habitants de cette ville, va bientôt porter ses fruits avec quelques grands projets porteurs d’activités nouvelles et de mieux vivre ensemble.
C’est le sens du projet en centre-ville avec des commerces, de nouveaux espaces publics, un nouvel hôtel de ville, des logements. Nous somme également tournés vers la modernisation et le développement durable de notre urbanisme à Bagnolet en nous appuyant sur les traditions populaires qui marquent l’histoire de cette ville et que nous voulons continuer à perpétuer. C’est en substance, le sens que nous donnons au vote du PLU qui sera adopté cette année en remplacement de l’ancien POS et qui permettra de concrétiser les nombreux projets de la ville.
Plusieurs projets de construction de logements, social et aussi en accession à la propriété sont lancés avec un soucis d’équilibre des quartiers. Certains chantiers sont en cours. Pour d’autres les permis de construire sont en cours d’examen. Ce sont 650 logements concernés pour 2011, dont très exactement 50% en logement social et 50% en accession à la propriété.
Les équipements sportifs et scolaires font l’objet de profondes opérations de rénovation/reconstruction (comme à Joliot Curie par exemple) avec le soucis de mieux répondre au développement des besoins et à la vétusté des certains équipements.
Le développement économique. Nous voulons le dynamiser. Pour cela nous avons lancé une démarche pour mieux connaître et mieux définir notre identité économique. Bagnolet connaît une mutation historique. Nous devons maîtriser et encourager cette mutation. Les acteurs économiques et sociaux, les citoyens, les auto-entrepreneurs, les syndicats, les citoyens, les élus, les services de la ville, ont tous un rôle à jouer dans cette mutation pour augmenter les chances de développement de chacun. Nous allons donc mettre les entreprises, les artisans, les différents pouvoirs publics, les jeunes, les salariés, les commerçants en relation les uns avec les autres. Nous nous rapprochons ainsi de ce qui est notre objectif : faire de Bagnolet, en symbiose avec Est Ensemble, le département de la Seine-Saint-Denis et le Grand Paris, un territoire intelligent, riche de projets individuels et collectifs, concrétisés.
Télébagnolet. Nous allons créer une Web-TV dès le printemps. Cela n’a rien d’original en soit car d’autres villes commencent à le faire. C’est l’évolution des nouvelles technologies qui permet cela aujourd’hui. Nous voulons en être. Ceci dit notre projet ne sera pas exactement comme les autres car sa fonction centrale sera un peu différente. Notre ambition est de montrer le vrai visage de la banlieue et non l’image fantasmatique qui effraye la France entière.
Cette web-télé sera aussi une sorte de plate-forme multimédia, un réseau social des Bagnoletais pour qu’ils se découvrent, se connaissent mieux, se rassemblent, se fédèrent pour être plus forts, organiser des événements conviviaux, populaires et fraternels. Un réseau culturel, populaire, et politique qui serait une sorte de « Bagnolet social club ».
Oui, je pense pouvoir dire que notre Ville de Bagnolet est sans doute une des villes du département qui change et se modernise le plus. Bagnolet est une ville qui bouge comme le dit notre slogan et elle va continuer de bouger en 2011.
Si 2010 a été l’année de lancement des grands projets urbains et sociaux dans la ville, 2011 sera l’année des mises en chantier, la traduction visible des projets engagés. Le centre administratif sera démoli et l’administration communale relogée dans des bâtiments temporaires sur la place de la mairie, pendant la construction du nouvel Hôtel de Ville et de la place du centre ville. 2011 verra aussi l’année la poursuite et la fin des travaux de reconstruction et d’élargissement de l’école Joliot-Curie ainsi que la mise en place de la maison du patrimoine au château de l’Etang.
La ville va acquérir les terrains et lancer la construction d’un nouveau complexe sportif destiné à remplacer le gymnase Jean Reneault et la salle de sport Politzer.
Je pourrais décliner ainsi les multiples actions en cours : les écoles, le désenclavement des quartiers, le développement des dessertes, les programmes d’habitation, les actions de solidarité…mais nous aurons l’opportunité d’y revenir dans les mois qui viennent.
Je voulais cependant vous donner ces premiers éléments de bilan et de perspectives pour l’année 2011.
Toute l’équipe municipale est mobilisée pour travailler à la réalisation de ces nombreux projets.
Je remercie le personnel communal pour sa disponibilité et son sens du service public.
Je remercie tous les acteurs extérieurs, les institutions, les association et organisations, les professionnels, les entreprises de la ville pour l’implication qu’ils apporte dans ces réalisations qui passent toutes par la mise en commun des efforts de tous.
Enfin, à la population Bagnoletaise, je dis : nous avons besoins de votre avis, de vos remarques, de votre expertise d’habitant des quartiers, d’usager de la ville.
Rien en peut se faire sans vous et rien ne se fera sans vous. En 2011 Bagnolet va continué à bouger. Alors je vous invite à ce que nous bougions avec notre ville, c’est-à-dire : continuons à nous retrousser les manches pour bâtir ensemble des jours meilleurs pour chacune et chacun, pour Bagnolet, pour notre pays.
Et j’ai confiance car en matière d’espoir, comme le dirait le poète Mahmoud Darwish : « nous sommes, (avec bien d’autres), malades d’un mal incurable : l’espoir. »
Alors à toutes et à tous je vous souhaite une excellente année 2011.
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