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Samedi 28 juillet 2007

Hier, vendredi 27 juillet, l’évacuation du Château de l’Etang s’est déroulée dans de bonnes conditions.

Cette opération a été entièrement conduite par la mairie avec ses services qui ont réalisé un travail exemplaire.

Compte tenu de la situation extrêmement dangereuse du point de vue sanitaire et de la sécurité des personnes et du Château de l’Etang j’ai pris la décision fin juin, de faire évacuer les lieux.

Pour être applicable, c'est-à-dire pour permettre l’exercice de la force publique avec la Police nationale, cette décision devait être accompagnée d’un jugement d’expulsion prononcé par le Tribunal de Bobigny. Pour raison de vacance judiciaire pendant l’été, l’audience ne pouvait avoir lieu que le 13 août prochain avec un rendu de délibéré les jours suivants.

Compte tenu de l’urgence, j’ai décidé de ne pas attendre la deuxième quinzaine d’août pour agir. Nous avons travaillé avec la société Respect et Sécurité (de très grands professionnels) et les services de la ville pour que l’évacuation se fasse sans exercice de la force et qu’elle se déroule concomitamment au transfert des personnes vers les nouveaux lieux d’accueil.

Pour y parvenir, avec Laurent Jamet, nous avons rencontré plusieurs fois ces derniers jours les Roms-Bulgares hébergés au Château de l’Etang. A chaque fois ils étaient entre 80 et 100. Les réunions nous ont permis de leur présenter le projet qu’ils découvraient en grande partie. Nous avons également dialogué avec les divers représentants (notamment Houria Ackermann, Nathalie Boisson, et Gaël) du comité de soutien aux Roms-Bulgares. Des gens bien. Ils tenaient aux garanties que nous pouvions apporter. C’est naturel. Je dois avouer avoir été marqué par le sens des responsabilités de toutes les personnes présentes.

Dans la plus grande partie, les occupants ont été hébergés.

Environ 80 personnes ont pu être dirigées vers le centre d’accueil de l’Avenue Gallieni, tandis que 64 personnes (notamment les enfants mineurs) sont hébergées dans un hôtel pris en charge par les divers pouvoirs publics (Conseil général, Etat, commune).

Ces hébergements provisoires vont maintenant permettre, dans un cadre organisé, contrairement à ce qui se passait au Château de l’Etang, de créer les conditions de l’insertion sociale de ces personnes : la ville de Bagnolet finit en ce moment même de monter une équipe sociale financée et organisée par la Préfecture , par le Conseil général, par diverses associations comme le Pact-Arim, l’ALJ, la Fondation Abbé Pierre, etc.

Le fonctionnement quotidien du centre d’accueil sera pris en charge par cette équipe appelée « MOUS » comme Maîtrise d’œuvre urbaine et sociale. La MOUS sera constituée d’un gestionnaire du lieu (maintien en état du centre, organisation de la vie quotidienne, etc.), d’une secrétaire, et de deux assistantes sociales qui aideront les personnes hébergées à bâtir leur parcours d’insertion qu’il s’agisse de la recherche d’emploi, de logement, des problèmes de démarches administratives, de naturalisation ou de réglementation du séjour des étrangers en France.

Alors que depuis deux ans et demie nous vivons une situation extrêmement difficile en raison de l’arrivée permanente de Bulgares et de Roumains dans toutes les régions de notre pays, et que ceux-ci ne trouvent pas d’autre moyen de se loger que de monter des bidonvilles aux portes des agglomérations notamment sur les talus autoroutiers, je pense que l’action de la mairie de Bagnolet est exemplaire.

J’ai parfois entendu sous forme de critique à mon encontre : « Il conviendrait que la mairie de Bagnolet interpelle les pouvoirs publics au niveau central pour envisagées des solutions partagées ».

C’est pourtant, très exactement, ce que je n’ai cessé de faire.

Mais dès le jour de l’incendie du bidonville de la rue de la Fraternité le 1er décembre 2004, le directeur départemental de la DDASS m’a dit à la Préfecture  : « vous n’aurez rien, on ne fait pas toujours ce que l’on veut et il faut savoir parfois faire le gros dos ». Cette réponse était choquante. Nous avons donc interpellé le préfet, nous avons accueilli un commissaire européen responsable des Droits de l’Homme pour le Conseil de l’Europe afin de sensibiliser les pouvoirs publics nationaux. Nous avons organisé plusieurs réunions et visites sur place avec le sous-préfet. Nous nous sommes tournés vers le Conseil régional Ile-de-France qui a été le premier, à la demande des élus communistes qui siègent à la région, à répondre favorablement à nos sollicitations. Je me réjouis aujourd’hui de la réponse positive du conseil régional Ile-de-France dont le président est le socialiste Jean-Paul Huchon qui a financé à environ 70% les locaux d’hébergement de l’avenue Gallieni. C’est une sacrée aide apportée à la ville qui ainsi n’est plus seule à porter le dossier.

Il faudra bien maintenant que les politiciens arrêtent de faire la politique de l’autruche en se contentant de dire que les pauvres doivent passer leur chemin et aller voir ailleurs. Certes, Bagnolet ne pourra pas tout assumer pour tout le monde. Mais nous aurons essayé, avec beaucoup de problèmes, de faire quelque chose pour ceux qui sont là, devant nous.

Ce ne sont que les actions des hommes et des femmes qui restent. Alors nous allons continuer à agir pour que l’Etat tienne ses engagements.

Agir, dès cet été, au lendemain des élections présidentielles et législatives pour combattre la politique néfaste du grand patronat et de la droite qui ne donne pas les moyens de construire des logements sociaux, qui continue à créer du chômage, qui préfère la spéculation financière à l’activité des travailleurs, qui met les peuples de la planète en concurrence les uns avec les autres en s’appuyant sur le chantage du coût de la main d’œuvre. Et si pour une fois on se posait ensemble la question de savoir combien il y a dans la poche des actionnaires.

A bientôt après ces quelques réactions à chaud.

Marc Everbecq

Samedi 28 juillet

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