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Le Blog de Marc Everbecq
Ensemble pour le renouveau de Bagnolet
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Le vendredi 4 septembre, les cérémonies commémoratives du 65e anniversaire de la Libération de Bagnolet, de Paris et de sa banlieue débuteront à 18h avec un dépôt de gerbes à la mémoire du Général-Leclerc (rue du Général-Leclerc, en face du restaurant Le Bellevue) ; et à 18h30, rassemblement au mémorial de la Résistance (place de la Résistance).
Les cérémonies auront lieu en présence de Marc Everbecq, maire de Bagnolet, de la Municipalité, de l’Union locale de l’Union française des associations d’anciens combattants (UFAC).Madame le Maire Honoraire,
Madame la conseillère générale de Bagnolet, vice-présidente du Conseil Général de la Seine Saint Denis,
Monsieur le Président des Amis de la Résistance et de la Libération
Monsieur le Président de l’UFAC,
Mesdames et Messieurs les Présidents et représentants des associations d’Anciens Combattants,
Mesdames et Messieurs les Présidents et les représentants des associations,
Mesdames et Messieurs les membres du conseil municipal,
Mesdames, Messieurs,
Chers concitoyens,
Il y a 65 ans, en août 1944, la bataille finale pour la libération de Paris et de sa banlieue était engagée contre la machine de guerre nazie.
Cinq années d’oppression, d’humiliation, de privations, d’exécutions, de représailles et de terreur prenaient fin.
Albert Camus, décrit cette période le soir du 24 août 1944 : « Paris, qui se bat ce soir, veut commander demain. Non pour le pouvoir mais pour la justice, non pour la politique mais pour la morale, non pour la domination du pays mais pour sa grandeur ».
La Libération de Paris et de sa banlieue, est, aux côtés des armées françaises et alliées, la victoire de la Résistance et du peuple. C’est aussi cela qui en a fait un si beau moment de l’histoire de France.
Elle est une étape essentielle vers la capitulation du régime nazi. Elle marque la fin du régime de Pétain, complice actif du nazisme et elle cèle la reconnaissance du général De Gaule et du rôle du Conseil National de la Résistance.
Elle fût un grand moment d’honneur et d’unité restaurée où la France retrouva le sens de son histoire pour défendre Paris et sa banlieue et les valeurs essentielles de l’Humanité. Des femmes et des hommes de tous les horizons se sont levés avec courage, jusqu’à l’héroïsme.
Jamais nous n’oublierons, ni le martyr, ni les souffrances endurées, ni le message d’espoir et de volonté légué par tous ceux qui combattirent.
Ce qui est vrai de la capitale le fut aussi de sa proche banlieue ainsi que le rappelle l’ouvrage de l’homme d’histoire Jean-Pierre Gast, consacré à la ville de Bagnolet, entre 1939 et 1944. Le samedi 19 août 1944 Bagnolet, à son tour, se libère. Elle aura payé un lourd tribut à la folie hitlérienne : plus d’un demi millier de morts, hommes, femmes et enfants.
214 de nos concitoyens victimes de rafles et envoyés dans les camps de la mort. 202 n’en reviendront jamais, parmi eux 66 des 69 enfants déportés.
Des 450 femmes et hommes habitant Bagnolet, recensés comme résistants, 132 périront, dont 72 dans les camps de concentration, les autres fusillés ou tués dans les combats de la Résistance et de la Libération. »
Mais Bagnolet aura aussi développé de grandes forces et de grandes figures dans la résistance.
Des pages d’histoire restent à jamais gravées dans nos mémoires comme cette nuit du 13 au 14 juillet, durant laquelle les couleurs nationales furent peintes sur la porte de la mairie, des tracts distribués, un drapeau tricolore planté avenue Gallieni, une grosse cocarde accrochée au monument aux morts et où fût diffusé le premier numéro du journal clandestin « Libération de Bagnolet » organe du Mouvement de Libération National.
Le 19 août la mairie est occupée par les résistants vers 12h30, Alphonse Delavois, conseiller municipal communiste élu en 1935, est désigné président du Comité Local de Libération, le 20 août, il devient président de la délégation municipale provisoire chargée d’administrer la commune en attendant le retour de Paul Coudert.
Le 4 septembre 1944, il y a tout juste 65 ans aujourd’hui, le conseil municipal est formé, il compte en son sein 17 élus de 1935, Paul Coudert y est élu Maire.
Toutes ces actions purent être menées grâce à l’audace et à la témérité de l’équipe de FTP que dirigeait le Bagnoletais, Georges Valbon.
A l’occasion ce cette cérémonie, permettez-moi de rendre un hommage particulier à mon ami Georges Valbon disparu le 18 juillet dernier dans sa 85è année.
Fils d’immigrés italiens, la famille Valboni, Georges Valbon participa aux portes de Paris, à la libération du territoire qui devint la Seine Saint-Denis, et dont il devint le premier président.
Il était une figure du communisme en Seine-Saint-Denis, qu’il a parcourue toute au long de sa vie de militant, du Bagnolet des années de jeunesse à Bobigny, où il a été le maire ainsi que le président de Conseil général dès 1968 à la création du département, jusqu’en 1993.
Son père, quitte le Val d’Aoste où vient de triompher Mussolini. la famille s’installe dans le centre de la France puis à Bagnolet. Sa mère Cécile est couturière, son père plombier couvreur. Bon élève, le jeune Georges obtient son certificat d’études primaires avec mention très bien. Il passe ensuite le concours de l’école Chaix où, pendant quatre ans, il apprendra le métier de typographe. Avec l’occupation nazie, l’adolescent est rattrapé par le fascisme que ses parents ont fui. Il est encore élève typographe, quand il imprime ses premiers tracts anti-nazis sur les presses de l’école.
Réfractaire au STO, il devient clandestin. En juillet 1944, lieutenant FTP, il commande un groupe armé à Bagnolet, participe à la libération de la mairie des Lilas, puis de Montreuil, des forts de Rosny et de Romainville. Il combat les Allemands place de la République à Paris. De cette période à Bagnolet, Georges Valbon raconte son quotidien de résistant rue Antoine Panier : « Je roulais des tracts dans une chambre à air fermée que je cachais dans le fond de la cage à lapins, sous le fumier. »
Dans le pays à reconstruire, Georges Valbon sera l’un des bâtisseurs de cette partie du département de la Seine, où il a combattu les armes à la main. À Bagnolet, d’abord, où il devient secrétaire de la section du Parti communiste puis dans la fédération Seine-Nord-Est où il occupe des responsabilités. En 1982, après la victoire de François Mitterrand et la formation pour la première fois depuis 1947 d’un gouvernement à participation communiste, il accepta de quitter la présidence du département pour devenir président des Charbonnages de France à la demande du nouveau gouvernement. Le militant, habité par le sens de l’intérêt général, ne pouvait se dérober. Mais un an et demi plus tard, ne voulant servir de caution à une politique d’austérité s’éloignant des objectifs de 1981, Georges Valbon prenait ses responsabilités en démissionnant, neuf mois avant que les ministres communistes fassent de même en juillet 1984… et revenait à Bobigny.
Nous sommes fiers d’avoir compté parmi nous à Bagnolet, ce grand résistant, militant et élu au service de l’intérêt général et du bien public que fût Georges Valbon.
Son empreinte à Bagnolet comme au plan national, dont il fût une figure illustre, a marqué à jamais l’histoire de ces territoires dans leurs dimensions politiques démocratiques et culturelles.
Soixante cinq ans ont passé, mais le souvenir de ces instants extraordinaires nous rappelle l'exigence et le prix de la justice et de la liberté.
Aujourd'hui, je rends hommage à celles et à ceux qui se sont battus. A celles et à ceux qui sont tombés. A ces héros, admirables de courage, et si souvent anonymes. Je rends hommage à celles et à ceux qui ont dit "non" au renoncement, à l'abandon, à l'abaissement. Non à la barbarie, au nazisme qui fut la négation même des valeurs les plus sacrées de l'humanité.
Français libres, résistants, combattants pour la libération de toutes origines, de toutes convictions, aux côtés des forces alliées, vous avez dessiné notre avenir et l'avenir de nos enfants dans une espérance commune. Celle d'un monde meilleur où chaque homme, chaque nation, verrait sa dignité reconnue ; où justice, solidarité et progrès seraient bien plus que des mots ; où respect, dialogue et tolérance seraient un devoir pour toutes celles et tous ceux qu'animent la même exigence de paix et de démocratie.
Merci à ceux d'entre eux qui sont parmi nous ce soir, et qui ressentent si profondément l'émotion intense qui nous rassemble.
Merci à tous ces combattants pour lesquels l'asphalte brûlant des rues de Paris et de Bagnolet fera office de champ d'honneur.
Ceux qu'évoque Paul Eluard, lorsqu'il décrit " la douceur d'être en vie mais aussi la douleur de savoir que nos frères sont morts pour que nous vivions libres. "
Oui, le message de la Libération et de la Résistance constitue le plus beau des legs. Et assurément le plus exigeant.
En ce 4 septembre 2009, nous voulons faire du devoir de mémoire, un combat quotidien pour une vie meilleure, dans un monde de paix.
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