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Lundi 12 janvier 2009 1 12 /01 /2009 20:36


Une fois n'est pas coutume, je publie un article du Monde paru le lundi 12 janvier 2009 parce que je veux apporter un rectificatif. Non mesdames et messieurs les journalistes, la ville de Bagnolet ne mérite pas le traitement que vous lui infligez en prétendant qu'un commerçant aurait été insulté d'un condamnable "sale juif". Cette agression insupportable et odieuse n'a pas eu lieu dans notre ville, mais manifestement à La Courneuve, puisque le journal cite mon collègue et camarade Gille Poux comme maire de Bagnolet. Le nom du maire de La Courneuve est lui aussi écorné. Il s'appelle Gilles Poux et non Gilles Poulx. Que d'erreurs. En somme de l'information baclée. Pour quelle raison ? Les manifs et les mobilisations pour Gaza ne doivent être vues qu'à travers le prisme d'un radicalisme communautariste. Pour cela, pas d'hésitation. On saute sur tout ce qui bouge. On se jète de façon assez charognarde sur le moindre mot de travers prononcé en banlieue afin de démontrer comme le veulent certains qu'il existe une fracture communautariste en France. Quitte à écrire des conneries et à commettre des erreurs. On pourrait dire : l'erreur est humaine. Ce soir je n'ai pas envie de le dire car ces "erreurs" sont du poison. Un grand quotidien comme Le Monde devrait faire attention. Ce ne sont pas les jeunes de banlieue qui commettent les dérapages et qui créent les volontés de tensions. J'aimerais que les journalistes et la direction du Monde publient un démenti et apportent leurs excuses aux Bagnoletais de toutes opinions et de toutes confessions qui sont tous attachés au plus profond d'eux-mêmes aux valeurs républicaines et laïques de Liberté, d'Egalité et de Fraternité.
Marc Everbecq
Maire de Bagnolet


Voici l'article en question

En France, les maires tentent de favoriser le dialogue

Alors que tous ont encore à l'esprit les dérapages et agressions qui avaient suivi la seconde Intifada en 2000, les maires de ces quartiers ou villes sensibles restent dans leur majorité sereins. Ils ont déjà l'expérience de la gestion de ce genre d'événement et, pour le moment, ils "gèrent", assurent-ils. Jean-Christophe Lagarde, maire de Drancy (Nouveau Centre), estime ainsi qu'"il n'y a pas de tensions parce que nous avons fait un travail en amont vers les communautés pour aplanir les choses".

"Les gens ne sont pas inquiets et les responsables associatifs et religieux sont conscients du danger qu'il y aurait à importer ce conflit sur le terrain", confirme Gilbert Roger, maire (PS) de Bondy.

La majorité des maires ont choisi de rester discrets et d'organiser des rencontres avec les responsables des communautés juives et musulmanes pour délivrer ensemble un appel au dialogue et à la paix. A Lyon, Marseille et Strasbourg, une déclaration a été lue lors des cultes et offices de la fin de semaine. L'objectif est de faire passer le message que la situation en France n'a rien à voir avec Gaza et que tous doivent vivre en harmonie dans la République. "Quand on discute avec les jeunes, ils comprennent. Mais il faut leur parler", insiste Gilbert Roger. Le constat est partagé par le maire communiste de Saint-Denis : "Il y a de fortes résonances dans la population, mais les réactions sont d'abord dans la solidarité et le refus de la guerre", assure Didier Paillard. "Il y a une grande préoccupation face à ce qui se passe à Gaza, mais pas de tensions dans les quartiers", confirme son collègue de Bagnolet, Gilles Poulx (PCF).

L'inquiétude pointe toutefois. A Bagnolet, une devanture de boutique a été taguée d'un "sale juif" voici quelques jours. M. Poulx assure passer du temps en discussions informelles. Une soirée "Des bougies pour la paix" a été organisée la veille de la manifestation. Roger Madec, maire (PS) du 19e arrondissement de Paris, avoue se tenir sur ses gardes. Dans son arrondissement, un jeune juif s'était fait violemment agresser le 21 juin au cours d'une altercation entre bandes rivales. "C'est très fragile et les esprits peuvent s'enflammer à tout moment", dit-il.

Seul le maire PS de Strasbourg, Roland Ries, ne cache pas que les "tentatives d'instrumentalisation et d'importation de la crise existent bel et bien". Le 7 janvier, des tags et l'inscription "assassins" ont été découverts sur la synagogue de Lingolsheim. Et chaque jour, entre 200 et 300 personnes se rassemblent place Kléber à l'appel du Parti des musulmans de France.

Comme antidote aux dérapages éventuels, d'autres élus ont choisi d'afficher leur solidarité avec les Palestiniens de Gaza. Ainsi à l'Ile-Saint-Denis, le maire (Verts) Michel Bourgain a mis en place un "mur d'expression" devant l'hôtel de ville. A Saint-Denis, la mairie a organisé un rassemblement, jeudi. "En affichant notre position, on évite la récupération religieuse ou les provocations, affirme M. Paillard. Mais nous ne sommes pas à l'abri de tensions." Dimanche dans la nuit, un cocktail Molotov a été lancé dans les locaux de la synagogue de la ville.

Michel Delberghe, Christine Garin et Sylvia Zappi
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