Partager l'article ! Commémoration du 11 novembre : discours du maire: Madame la maire honoraire, Madame la conseillère générale de ...
Le Blog de Marc Everbecq
Ensemble pour le renouveau de Bagnolet
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Madame la maire honoraire,
Madame la conseillère générale de Bagnolet, vice-présidente du conseil général de la Seine-Saint-Denis,
Monsieur le président de l’UFAC,
Mesdames et Messieurs les responsables des associations d’anciens combattants,
Mesdames et Messieurs les membres du conseil municipal,
Mesdames et Messieurs, Mes chers concitoyens,
Le quatre vingt dixième anniversaire de l’armistice de 1918 qui nous réunit aujourd’hui après la disparition récente du dernier Poilu en la personne de Lazare Ponticelli, constitue un moment majeur de la conscience nationale et européenne.
La commémoration de l'armistice permet de mener un travail d'Histoire ancré dans un enseignement de la citoyenneté et des valeurs de la République.
Il y a 90 ans, le 11 novembre 1918, finissait la Première Guerre mondiale. Le fracas des canons et le sifflement des obus se taisaient enfin sur le front occidental, dans les campagnes, les villages et les villes dévastés par plus de quatre années de guerre.
Un par un, les alliés de l'Empire allemand signaient un armistice : la Bulgarie le 30 septembre, l'Empire ottoman le 27 octobre, l'Autriche-Hongrie le 3 novembre.
Le 11 novembre enfin, en Forêt de Compiègne, dans un wagon spécialement aménagé, l'armistice était signé à 5h 15 du matin entre l'Allemagne et les représentants militaires français, agissant au nom des Alliés de l'Entente (France, Angleterre, États-Unis, Italie).
Le camp des Empires centraux sortait de la guerre défait, tandis que celui de l'Entente remportait la victoire, pour autant qu'on puisse utiliser ce mot pour un aussi sinistre résultat.
Les Allemands se voyaient soumettre des «conditions » sans aucune marge de négociation :
- livrer l'essentiel de l’armement, de l’aviation et de la flotte de guerre ;
- l’armée était sommée d'évacuer sous 30 jours la rive gauche du Rhin ainsi que trois têtes de pont sur la rive droite, Coblence, Cologne et Mayence.
Ce jour-là, c'est donc une guerre longue, une vraie boucherie qui s’achève.
La Première Guerre mondiale appelée dès 1915 « Grande Guerre », a inauguré un nouveau type de conflit : une guerre moderne qui s'appuie sur la mobilisation industrielle, la propagande, la mise en place d'une culture de guerre. Elle est aussi spécifique par la violence infligée et subie, et ses conséquences : le lourd bilan humain, le traumatisme engendré et son impact sur les sociétés européennes de l'après-guerre. De fait, la Première Guerre mondiale sera à l'origine de bouleversements majeurs et marquera le 20ème Siècle.
Le bilan humain de cette guerre est catastrophique :15 millions de morts.
Du côté des peuples, les morts, les blessés, les invalides, les veuves, les orphelins se comptent par millions. Les historiens dénombrent environ 9 millions de morts sous l'uniforme : 2 000 000 pour la Russie, 1 800 000 pour l'Allemagne, 1 500 000 pour l'Autriche-Hongrie, 1 400 000 pour la France, 900 000 Britanniques, 600 000 Italiens, 400 000 Turcs-Ottomans.
En France, un mobilisé sur six n'est pas revenu. L’équivalent de 10 % des hommes actifs. Les populations civiles n'ont pas été épargnées : 2 000 000 de morts civils en Russie, 1 000 000 en Serbie et Autriche-Hongrie, 800 000 en Allemagne, 800 000 en Roumanie du fait de la famine et des bombardements, sans compter le massacre des Arméniens, ni les ravages de la grippe « espagnole », d'autant plus meurtrière qu'elle frappait des populations épuisées.
Les survivants ont perdu la foi dans les valeurs morales et spirituelles de l'Europe. Mais ils veulent croire que cette guerre qui s'achève restera la dernière de l'Histoire, la «der des der» car ils pensent qu'après cette expérience, jamais une humanité raisonnable ne pourrait envisager de retomber à un tel degré d'abomination et de « feu ». Il n'allait pas en être ainsi. Ni la défaite des Empires centraux, ni la « victoire » des Alliés, ni les partages de territoires auxquels ceux-ci allaient se livrer pour se répartir le butin ne devaient résoudre les problèmes du capitalisme.
Dans l'Italie victorieuse mais épuisée par la guerre, le mouvement fasciste de Mussolini allait rapidement prendre le pouvoir dès 1922.
Dans l'Allemagne vaincue, la défaite allait ouvrir la voie aux mouvements d'extrême droite, que l’on appellera nazis, prônant la revanche et s'inspirant en pire de l'exemple italien.
Après la Première Guerre mondiale, à peine le partage du monde terminé, on pouvait sentir poindre la seconde, qui viserait à remettre en cause le partage organisé par les traités de paix de 1919.
Et en effet, après le krach boursier de 1929, la crise économique généralisée ouvrait la voie au nazisme en Allemagne. La marche à la guerre allait reprendre.
« Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage », avait dit Jean Jaurès, assassiné trois jours avant la déclaration de guerre du 3 août 1914.
Deux fois au cours du 20ème Siècle, la classe dominante allait se montrer capable de précipiter le monde dans des guerres généralisées, sans compter les innombrables guerres dans le Tiers Monde, au total presque aussi meurtrières et destructrices.
Aujourd'hui, en cette période de nouvelle crise financière, le système capitaliste montre qu'au fond il n'est pas moins fou en 2008 qu'il ne l'était en 1914, en 1929 ou en 1939.
La spéculation boursière, les sub-primes, l’obsolescence du système monétaire international, les multiples opérations de guerre dans le monde sous l’égide des grandes puissances, la crise alimentaire, la crise énergétique et environnementale, constituent les formes actuelles d’un affrontement mondial qui fait subir aux peuples du monde entier des conséquences terribles : guerres comme en Irak ou en Afghanistan, famines comme au Soudan ou en Ethiopie, faillites d’entreprises comme en Europe et aux Etats-Unis, pertes de maisons comme aux Etats-Unis, chômage qui ne cesse de durer et repart à la hausse, retraites qui s’effondrent à moins de travailler jusqu’à 70 ans, ségrégations urbaines et sociales qui nourrissent toutes les discriminations.
Ce système aberrant, injuste, basé sur la recherche effrénée du profit, de l’argent pour l’argent, comporte toujours pour l'humanité la même menace de plongée dans la barbarie. C'est aussi de cela qu'il faut se souvenir aujourd'hui, lorsqu’il faut tirer les leçons de cette première guerre mondiale.
De ce point de vue, je suis heureux de vous annoncer que la ville de Oranienburg en Allemagne avec laquelle nous sommes jumelés depuis tant d’années a décidé d’apporter son adhésion, comme nous l’avons fait à Bagnolet, à l’Association mondiale des Maires pour la Paix présidée par le maire de Hiroshima.
De ce point de vue encore, l’élection de Monsieur Obama à la présidence des Etats-Unis d’Amérique constitue un espoir de paix pour de nombreux peuples dans le monde après que l’administration Bush ait conduit, sur la base d’une conception de domination du monde, à multiplier les tensions, à attiser les affrontements notamment au Moyen-Orient et à se positionner partout en gendarme du monde.
La dimension de cet événement est à la hauteur de l’espoir déclenché chez les Américains comme chez tous ceux dans le monde qui souffrent de l’isolement, de la crise, et de l’exclusion. Un autre monde est possible, et il est possible de changer l’actuel, celui de la guerre et de la crise, c’est le message de Barack Obama qu’ils ont retenu.
C’est aussi le message que je retiens. Sans illusions car je sais que le chemin sera difficile. Alors faisons tout pour faire vivre l’espoir.
Faisons en sorte que le souvenir de cette guerre de 14–18 nous aide à construire un monde de paix et de solidarité entre les peuples et les nations.
Ensemble, oui, nous le pouvons !
Vive la République !
Vive la France !
Vive la Paix !
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