Partager l'article ! Commémoration de la Rafle du Vel d'Hiv : mon discours: Madame Raymonde Lévy et les représentants de l’Association Israélite de l’Est ...
Le Blog de Marc Everbecq
Ensemble pour le renouveau de Bagnolet
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Madame Raymonde Lévy et les représentants de l’Association Israélite de l’Est Parisien,
Monsieur Michel Chaput, Président de l’Union locale de l’Union Française des associations d’anciens combattants,
Monsieur le Lieutenant du corps des Pompiers de Paris,
Mesdames et Messieurs les présidents d’associations, les conseillers municipaux,
Mesdames, Messieurs, Mes chers concitoyens,
Je vous remercie de votre présence nombreuse et chaleureuse à cet hommage que nous rendons aux victimes des crimes de l’Etat français et aux Justes de France.
Le 29 février 2000, une proposition de loi a institué le 16 juillet, « Journée nationale à la mémoire des victimes de crimes racistes et antisémites de l'Etat français et d'hommage aux « Justes » de France.»
Le but de cette loi était de lever les ambiguïtés du décret de 1993 qui faisait référence aux « persécutions racistes et antisémites commises sous l'autorité de fait dite « gouvernement de l'État français (1940-1944) », et d'affirmer explicitement qu'il s'agissait bien de « crimes racistes et antisémites de l'État français », sans circonvolutions et sans mettre l’expression l'État français entre guillemets.
Le rapporteur de cette loi, en souligna la portée en ces termes : « Il importe aujourd'hui de reconnaître que l'État français, légal à défaut d'être légitime, a bien participé à ces crimes ».
La date choisie pour cette commémoration correspond à la date anniversaire de la rafle dite du « Vélodrome d'Hiver », au cours de laquelle la police française arrêta les 16 et 17 juillet 1942, 13152 Juifs de la région parisienne dont 4115 enfants. Rassemblés au Vélodrome d'Hiver, ils seront déportés au cours de l'été.
Mais c’est le 10 juillet 1940 qui marque le début de la politique raciste et antisémite du régime de Vichy. Ce jour-là, les parlementaires rassemblés à Vichy votent, par 569 voix contre 80, les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Le lendemain, celui-ci promulgue les trois premiers actes constitutionnels qui fondent l'État français.
Le gouvernement engage immédiatement une politique raciste, xénophobe et antisémite, édictant des lois qui excluent de la communauté nationale une partie de la population française en raison de sa "race". Son but est de limiter le rôle et l'influence en matière économique, politique et intellectuelle des "indésirables", en particulier les juifs, et de s'en approprier les biens.
Les premières mesures d'exclusion sont prises par le gouvernement de Vichy dès le mois de juillet 1940. Le 17 juillet, une loi interdit l'accès à la fonction publique, sous réserve de quelques exceptions, aux personnes nées d'un père étranger. Les Tsiganes, population nomade pour qui les frontières ne représentent pas un obstacle, sont pour leur part internés dans plus de trente camps disséminés en zone libre comme en zone occupée.
Les membres de la communauté juive ne tardent pas à être les victimes directes de ces mesures discriminatoires. Deux lois promulguent, à un an d'intervalle, le 3 octobre 1940 puis le 2 juin 1941, deux statuts des juifs. En adoptant ces dispositions, le gouvernement de Vichy agit de son propre chef, anticipant les demandes allemandes. Les juifs sont obligatoirement recensés et ne peuvent plus accéder à certaines fonctions, à certains postes ou à certaines professions. Ils se voient ainsi exclus de la fonction publique, de la magistrature, de l'armée, de la presse, de l'industrie ou des professions libérales. Le statut est complété par la loi du 4 octobre 1940 qui autorise l'internement ou l'assignation à résidence des juifs étrangers. Le 29 mars 1941, un commissariat général aux questions juives, institué par l'État français à la demande des autorités allemandes, est chargé d'assurer le contrôle de l'application du statut des juifs et des lois anti-juives, de s'occuper de la propagande anti-juive. Il étend son autorité sur les deux zones.
À partir de 1941, la police française participe aux premières rafles et aux internements qui s'ensuivent en zone nord.
Avec la mise en œuvre de la solution finale par les nazis, les persécutions et les rafles se multiplient, affectant l'ensemble de la communauté juive, Français et étrangers, hommes, femmes et enfants.
Les premiers juifs sont déportés de France vers Auschwitz le 27 mars 1942.
En organisant leur recensement, leur arrestation et leur internement, en acceptant de les livrer aux nazis, l'État français se fait le complice de leur extermination.
Sur les quelque 300 000 juifs vivant en France, 75000 sont déportés durant la 2nde Guerre mondiale. Les déportations ne cessent de croître tout au long des derniers mois de l'Occupation. Les derniers déportés partent du camp de Drancy le 17 août 1944, une semaine avant la libération de Paris.
Parmi eux, les enfants juifs de l’école Jules Ferry de Bagnolet arrêtés et massacrés par la barbarie nazie avec la complicité du régime de Pétain entre 1942 et 1944, comme le rappelle la plaque du souvenir que nous venons de fleurir ce matin.
La loi du 29 février 2000 est marquée également par l’ajout d’un hommage aux « Justes » de France.
Cette commémoration devient ainsi l'occasion pour la Nation de témoigner sa reconnaissance à tous ceux « qui ont recueilli, protégé ou défendu, au péril de leur propre vie et sans aucune contrepartie, une ou plusieurs personnes menacées de génocide. »
Contrevenir à la réglementation de Vichy et aux prescriptions allemandes en cachant des personnes recherchées était extrêmement risqué. Pourtant, durant toute la guerre, des Français de toutes les catégories sociales et de toutes confessions, individuellement ou collectivement, ont soustrait des hommes, des femmes et des enfants aux recherches de la police française et des Allemands. Ce fut le cas, par exemple, du réseau "Marcel" qui sauva 527 enfants ou des habitants, de confession protestante, du village de Chambon-sur-Lignon, qui cachèrent également de nombreux enfants.
Par leurs actes, ils ont montré que les valeurs républicaines de liberté, d'égalité et de fraternité n'étaient pas lettres mortes. Ils ont montré également que des actes de résistance se sont multipliés et exprimés dans une grande diversité aussi bien à partir d’actes individuels que de réseaux organisés
Nombreux ont été, en effet, ceux qui ont recueilli des enfants, qui ont apporté une aide matérielle et un soutien moral à des familles qui se retrouvaient privées de tout, leur procurant de faux papiers, les avertissant des rafles ou refusant de donner leur nom aux autorités.
Il est impossible de quantifier le nombre des « Justes » de France qui, durant toute l'Occupation, par souci d'humanité, ont caché et sauvé des milliers de personnes. La nation choisit donc de reconnaître les actions des « Justes » et de faire acte de mémoire en les honorant tous lors de cette journée commémorative.
Je vous remercie de votre attention.
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