Le Blog de Marc Everbecq
Ensemble pour le renouveau de Bagnolet

Le décret relatif à «l’organisation et au fonctionnement des écoles maternelles et élémentaires » vient d’être publié au journal officiel du 18 mai
dernier.
Son application sera effective dès la rentrée prochaine. Il fixe la durée de la semaine scolaire à « vingt-quatre heures d’enseignement pour tous les élèves ». le principe repose sur la suppression de l ‘école, le samedi et l’instauration de la semaine de 4 jours : lundi, mardi, jeudi et vendredi, avec six heures d’enseignement par jour.
Le gouvernement a décidé :
- de placer « hors temps scolaire » l’aide aux élèves en difficultés en supprimant à terme les réseaux d’aide (RASED = Psychologue, rééducateur, enseignant spécialisé) et d’allonger une journée scolaire déjà trop longue,
- de diminuer le « temps scolaire » de 72 h par an, c’est à dire 3 semaines de classe, tout en augmentant les programmes, ce qui va aboutir à la disparition de matières comme l’histoire, la géographie ou les sciences.
Le décret met en place un dispositif qui prévoit que les élèves rencontrant des difficultés d’apprentissage pourront bénéficier de 2 heures d’aide personnalisée supplémentaires par semaine. Une mise en place qui s’effectue par tâtonnement, les inspections académiques naviguent à vue avec des incidences pour les personnels enseignants, et les fonctionnaires territoriaux (Agents d’entretien, ATSEM, Gardiens…)
La « réforme » voulue par le chef de l’état et mise en place par le ministre de l’Education, Xavier Darcos s’impose donc aux partenaires de l’école marquée par l’absence de toute concertation avec les représentants des enseignants, des parents, des municipalités et des partenaires de l’école.
Une décision d’une telle importance pour l’école et les élèves va s’appliquer d’autorité à la prochaine rentrée après avoir été annoncée dans le plus grand flou à la veille des vacances scolaires.
Une décision qui ne tient pas compte de l’avis du Conseil supérieur de l’éducation (CSE) qui a rejeté, le 20 mars, par 31 voix contre 19 voix pour, le projet de décret actant la suppression du samedi matin.
Pourtant de l’avis de tous, enseignants, parents, pédagogues, spécialistes des rythmes scolaires, mieux prendre en charge les élèves en grande difficulté scolaire, ne peut se limiter à la mise en place d’heures de soutien. Il est urgent de mettre en place une véritable transformation de l’école qui permette que les inégalités sociales ne se transforment pas en inégalités scolaires. Cela nécessite, comme le demande le SNUIPP-FSU, d’abaisser les effectifs dans les classes, de mettre en place « plus de maîtres que de classe » en priorité dans les secteurs les plus difficiles, de développer le travail en équipe et la formation des enseignants.
Le conseil municipal de Bagnolet :
- exprime
sa forte désapprobation aussi bien sur la méthode que sur les contenus de cette nouvelle organisation restrictive de l’école, décidée dans le secret des bureaux ministériels et sans prise en
compte de l’intérêt éducatif pour les élèves. L’école a besoin de vraies réformes s’attaquant aux inégalités, développant un accès de qualité pour la réussite de tous les élèves, accompagnées de
moyens appropriés.
- Soutient les parents d’élèves qui s’opposent à une diminution du nombre d’heures annuelles de classe pour les élèves et exigent
l’enseignement de tous les contenus des programmes scolaires
- Soutient les enseignants qui exigent que les
structures qui existent pour aider les élèves en difficultés sur le temps scolaire soient dotées de personnels formés et en nombre suffisant : psychologues, rééducateurs, enseignants
d’adaptation.
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