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Le Blog de Marc Everbecq
Ensemble pour le renouveau de Bagnolet
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Monsieur le Président de l’UFAC,
Madame la Conseillère générale de Bagnolet,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames, Messieurs, Mes chers amis,
Nous sommes aujourd’hui réunis pour rendre hommage aux victimes de la guerre d’Algérie, en commémorant la date du 19 mars 1962 qui marque l’arrêt officiel des combats.
En effet, c’est le lundi 19 mars à midi, après huit ans d’une guerre qui n’a jamais voulu dire son nom, qu’on a appelé d’abord la pacification, puis les événements, enfin pendant longtemps la guerre sans nom avant de devenir la guerre d’Algérie, que cessent officiellement les combats sur le terrain entre les troupes françaises et les combattants de l’armée de libération nationale.
Cet événement historique est accueilli avec soulagement par la très grande majorité des Français. Il ouvre pour les Algériens, la voie de l’indépendance après tant d’années de colonisation.
Le 19 mars est une date lourde de sens, synonyme de cessez le feu, mais il ne s’agit en aucun cas d’occulter les souffrances de ceux, qui au-delà du 19 mars ont été les ultimes victimes d’un conflit que les généraux de l’OAS tentèrent de faire perdurer le plus longtemps possible. Durant cette guerre 24643 soldats Français furent tués, dont 15583 au combat. Parmi eux, Bagnolet comptait 6 de ses enfants. 65000 autres furent blessés. Du côté Algériens entre 500000 et un million et demi de civils et militaires, selon les sources, laissèrent leur vie au cours de cette sale guerre où 3 millions de personnes furent également déplacées, et 300.000 trouvèrent refuge au Maroc et en Tunisie.
Pour tous ceux qui furent brisés, pour les blessés, pour les familles des victimes, cette date est celle du début de l’espoir, du retour à la paix. Un espoir qui se matérialise dans les résultats du référendum du 8 avril 1962, puisque 90% des votants ratifièrent les accords d’Evian.
Mais c’est bien une politique de l’oubli, exprimée par une série de décrets et de lois d’amnistie (échelonnés de 1962 à 1982) qui se mit en place, visant à guérir les troubles de la mémoire nationale par une cure d’amnésie. Contrairement au conseil de Gambetta sur l’Alsace-Lorraine (“N’en parlons jamais, pensons-y toujours”), la pensée officielle sur la guerre d’Algérie aurait pu se formuler ainsi : “N’en parlons jamais, n’y pensons jamais”. Et pourtant, un besoin de mémoire irrépressible et grandissant a toujours existé.
Les principales associations d’anciens combattants ont longtemps demandé la commémoration de ce conflit ainsi que des combats au Maroc et en Tunisie, parce qu’elle porte reconnaissance, par la collectivité nationale, des souffrances endurées en son nom.
C’est pourquoi dès 1963 la FNACA (Fédération nationale des anciens combattants en Afrique du Nord) a pris l’initiative de commémorer chaque année l’anniversaire du 19 mars 1962, “fin de la guerre d’Algérie”, avec l’appui d’un nombre croissant de municipalités.
Cette cérémonie, chaque année renouvelée, s’inscrit dans une démarche de souvenir, de rétablissement de la vérité, et de réconciliation.
La date du 19 mars rend hommage à l’ensemble des morts de cette guerre. Elle perpétue la mémoire de cette période noire de notre histoire et rappelle que des jeunes sont partis, certains sans se poser de question, d’autres la peur au ventre, et que ceux qui sont revenus avaient perdu leur insouciance, un grand nombre d’entre eux mirent beaucoup de temps à retrouver leur équilibre.
La guerre d’Algérie est une période complexe de notre histoire, qui pendant longtemps fut occultée de l’enseignement, déclenchant des prises de position le plus souvent passionnées et même parfois irrationnelles. Les blessures ne sont pas encore guéries. L’histoire mêlée des peuples Français et Algériens reste encore l’objet de débats et controverses et il en sera ainsi encore longtemps. D’où l’importance de ces cérémonies commémoratives qui permettent de réaffirmer notre hostilité aux politiques coloniales, aux guerres, aux tortures, aux sacrifices de vies innocentes pour asservir les peuples colonisés.
La commémoration renforce les liens entre les générations, elle est propice à l’enseignement, la compréhension du présent naît de la compréhension du passé.
Elle est porteuse des valeurs de la République, de démocratie, de fraternité, de liberté, de solidarité et de paix.
Au-delà des anciens combattants, la date du 19 mars 1962 appartient à notre histoire, elle appartient à notre peuple tout entier.
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