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Vendredi 31 août 2007

Concernant le vol Paris-Bamako
(Air France)
du 28 avril 2007

mardi 4 septembre à 10h00
Tribunal de Grande Instance de Bobigny
173, avenue Paul Vaillant-Couturier


Mme. Marie-Françoise DURUPT
et M. Youssouf SOUMOUNOU
seront fixés sur leur sort.

Ils risquent respectivement 1000 et 500 € d'amende. 

(Voir les articles publiés sur le blog des élu-e-s communistes de Bagnolet ainsi que l'article du journal Le Monde du 17 août 2007)


Un reportage réalisé le vendredi 31 août 2007
avec les témoignages de :
Moussa Coulibaly (Président de l'association Bagnoletaise Paille et Grain)
et André Baraglioli (Adjoint-au-Maire de Bagnolet)
sera diffusé sur 
ARTE
http://www.arte.tv/fr
Lundi 3 septembre 2007, à 19h45.

Lire ci-dessous l'article publié sur le site des élus communistes de Bagnolet le 17 août 2007, qui publie des extraits de l'article du Monde 17 août 2007.
M
ardi 4 Septembre, le tribunal de Bobigny rendra son verdict sur le cas de Marie-Françoise Durupt et Youssouf Soumounou accusés d'avoir perturbé le vol Paris-Bamako du 28 avril dernier. Catherine Simon, journaliste au Monde, s'est penchée sur ce cas et en profite pour aborder d'autres questions comme le rôle de la compagnie Air France dans les expulsions.
Nous publions ce jour (le 17 août, NDLR) un extrait de l'article parue dans l'édition du 17 août. Au delà des simples faits, les élus communistes de Bagnolet manifestent leur soutien aux deux co-accusés que l'oeil partial des forces de police a désigné comme otages d'une politique qui veut, en plus, faire des citoyens des moutons.

Extraits du journal Le Monde du 17 août 2007 :

Elle n'a pas l'allure d'une guerrière, ni d'un Spartacus en jupon, pas même d'une remuante "Mamie Nova". La soixantaine solide et la mise modeste, en chemisier bleu ciel comme ses yeux, Marie-Françoise Durupt, habitante de Saint-Nazaire et salariée de l'association Léo-Lagrange, grand-mère de cinq petits-enfants et passionnée de jardinage, n'a pas la tête de l'emploi. Elle, émeutière en chef ? C'est pourtant ce dont on l'accuse.

Selon la police, le 28 avril, sur l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, elle aurait incité à la rébellion deux étrangers en cours d'expulsion, ainsi que les autres passagers d'un vol Air France à destination du Mali. Le but de ce charivari ? Provoquer une "résistance violente" aux fonctionnaires chargés d'escorter les deux hommes jusqu'à Bamako. Traduite le 3 juillet devant le tribunal correctionnel de Bobigny, aux côtés d'un autre "meneur" présumé, un Malien jusque-là sans histoire, patron d'une société d'import-export, Marie-Françoise Durupt et son coaccusé risquent (théoriquement) la prison et une forte amende. Mis en délibéré, le jugement devrait être rendu le 4 septembre, à Bobigny.

S'estimant "victime des agissements de la police", la passagère garde un souvenir amer des scènes de violence dont elle a été témoin dans l'avion, autant que du placement en garde à vue dont elle a ensuite été l'objet. Elle rejette en bloc les accusations policières.

Son récit de l'incident, comme celui d'autres passagers, a peu de chose à voir avec les "faits" rapportés par les fonctionnaires de la police aux frontières (PAF). C'est juste avant le décollage, classiquement, que les deux expulsés, encadrés par une petite escouade de policiers en civil, se sont mis à crier. "Il y avait un troisième expulsé, mais celui-ci ne disait rien. Les policiers l'ont fait mettre debout, pour nous cacher la vue des deux autres. Mais ils ne pouvaient pas cacher les cris."

Un autre passager français, André Baraglioli se souvient : ""J'ai mal, j'étouffe !", hurlaient les types... Evidemment, tout l'avion s'est levé pour voir ce qui se passait." L'adjoint-au-maire de Bagnolet était en partance pour Bamako à la tête d'une délégation de sa commune. Marie-Françoise Durupt, elle aussi, est en déplacement professionnel. André Baraglioli ne la connaît pas. Mais il la remarque, qui se lève de son siège, "comme les autres", raconte-t-il. "Elle était placée à deux ou trois rangs des expulsés", précise l'édile, qui se trouvait lui-même quelques rangs derrière elle. Mme Durupt, de son propre aveu, n'a "jamais supporté les bagarres, la violence". Elle assiste, médusée, au rodéo musclé des policiers : après avoir "ceinturé violemment" les deux récalcitrants, ils leur "mettent des coussins sur la bouche, pour les empêcher de crier", assure-t-elle. La passagère, outrée, interpelle alors les officiers de la PAF. "J'ai honte d'être française", s'exclame-t-elle, "je n'ai pas payé un billet d'avion pour participer à ces choses !"

Sont-ce ses propos, un peu vifs, reflétant son opinion de "citoyenne", qui la font repérer ? Ou bien ses cheveux blancs, qui la distinguent des autres passagers, plus jeunes ? En tout cas, après l'intervention du commandant de bord, qui exige, pour des raisons de sécurité, que les expulsés et leur escorte descendent de l'appareil, les policiers s'inclinent, mais exigent à leur tour que les "meneurs" du charivari soient aussi débarqués. Marie-Françoise Durupt et le patron malien sont désignés. Ils passeront plus de 24 heures en garde à vue - dans des conditions déplorables. Pour l'exemple ? Ils sont légion, c'est vrai, ces Français au coeur tendre, que le spectacle de ces violences indigne. S'il lui est arrivé, "à titre personnel", d'aider des étrangers à régulariser leur situation, la révoltée tranquille de Saint-Nazaire avoue n'avoir "jamais manifesté dans la rue ni signé une pétition en faveur des sans-papiers". Sur cette question, elle n'a pas d'avis tranché. "Est-ce qu'il faut régulariser tout le monde ou pas ? Je n'en sais rien", dit-elle. En revanche, "quelles que soient les personnes et ce qu'elles ont fait, on ne peut pas accepter qu'elles soient l'objet de brutalités. Sur ce point, il n'y a pas à discuter", souligne-t-elle.

Ce n'est pas la première fois qu'un tel incident se produit. Plusieurs passagers ont été également poursuivis pour "délit de solidarité", selon l'expression des militants du Réseau éducation sans frontières (RESF), très actifs sur ce terrain. A Air France, parmi le personnel naviguant, le malaise est grand. Fait sans précédent, les élus du comité central d'entreprise d'Air France ont même adopté, le 10 juillet, une motion demandant aux actionnaires "de se prononcer pour l'arrêt des expulsions". Celles-ci, se sont "multipliées de manière considérable, ces deux ou trois dernières années", note la CGT d'Air France..."

 

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